La « Mouche de moutarde » de nos grands-mères.

 Lorsque j’étais jeune, ma mère avait l’habitude de soigner nos maux de gorge et nos « rhumes de poitrine » avec un cataplasme de moutarde forte sèche délayée dans de l’eau. Autrefois on appelait sinapisme du nom latin Sinapis. Originellement, cette plante portait le nom de « sénevé ». Cette façon de nous soigner était dans sa famille depuis plusieurs générations.

Puisque nos aïeux n’étaient pas riches et que les médecins pratiquaient surtout dans les grandes villes, tous les moyens étaient bons pour se soigner à la maison. La pharmacopée de ces familles était assez impressionnante, sauf que la plupart du temps, nul ne savait pourquoi ces « médecines » fonctionnaient, mais elles étaient efficaces. On transmettait ce « savoir » de nos mères de génération en génération.

La recette de base de maman était : 3 parties de farine pour une partie de moutarde. Mais je crois qu’elle trichait un peu et était plus généreuse sur la moutarde. Elle délayait le tout dans une tasse avec un peu d'eau pour en faire une pâte épaisse, qu’elle étendait sur une vieille couche de coton d’enfant ou un vieux linge de vaisselle qu’elle gardait à cet effet. Je me souviens même qu’elle étendait cette mixture sur un papier brun assez épais qu’elle découpait en prenant la partie sur laquelle elle voulait la déposer comme modèle. C’était tellement froid à l’application!!! Elle soulevait régulièrement un coin, jamais le même, à toutes les trois à quatre minutes, sinon, gare aux brûlures. Notre peau devenait rouge comme un gros coup de soleil.

Mais, quelle était donc le secret ce remède miracle, parce que, ça « dégageait » effectivement les poumons???!!! La raison est fort simple.

Une forte fièvre ou une infection constitue un danger pour notre organisme, car la chaleur excessive dénature les enzymes. Alors, quelque soit la cause : infection, fièvre ou toute autre agression, notre organisme réagira immédiatement contre les « envahisseurs », les microorganismes, en envoyant son armée de « soldats », les globules blancs, les macrophagocytes, etc. Donc, le cataplasme en provoquant une zone chaude et fiévreuse, envoie un message à notre système immunitaire et celui-ci se croyant agressé, réagit immédiatement.

Puisqu’en retirant le cataplasme, la surface de la région traitée redevient à une température normale, les soldats eux, n’auront d’autres choix que de se diriger directement vers l’autre siège de l’infection, soit la gorge, les poumons, les bronches, etc. Ce processus favorise évidemment la guérison en empêchant la croissance bactérienne ou microbienne.

De plus, la moutarde contient deux acides gras essentiels, les acides oléique et linoléique. Ces acides augmentent la pénétration transdermale des molécules actives, ce qui accélère le processus d’absorption.

Je me demande pourquoi ces connaissances comme celle des mouches de moutarde, ont cessées brusquement, et vous?